KIP
La Dictature du bonheur
La Dictature du bonheur, Montage d'Hugo Sallé pour KIP

De l’Avantage de vivre en dictature

Aux lecteurs amis,

Il devrait être immédiatement lu, sans manières et réelles espérances, toute idée écrite. Ne négligez et ne trouvez jamais excuses sans un Idéal sûr. Parlez, rêvez, imaginez, sublimez ou nous nieront-ils espoirs, rêves et toute vitalité. Ou nous trouverons mal exprimée toute unicité.

E.R.

Il est de ces mondes que l’on diabolise souvent, sans se douter une seconde du paradis secret qu’ils renferment. Ce message est une lettre ouverte, une bouteille à la mer, à la gloire d’une cause qui me tient particulièrement cœur : le bonheur de vivre en dictature. Il faut d’abord surpasser ses préjugés. Cela n’est pas chose aisée, comme en témoigne la lutte intensive contre les stéréotypes médiatiques qui s’impose. Vu un temps comme une terre de misère, mon pays serait plutôt un havre de bonheur où l’on se languit d’être.

Je m’adresse à vous chers lecteurs. Prenez la peine de réfléchir quelques instants, de vous remémorer votre journée. Combien de décisions compliquées avez-vous eu à prendre ? Oui, c’est faramineux. Maintenant, demandez-vous combien de temps cela a pris de décider ? Beaucoup trop, il est vrai. Chez moi, je n’y pense même pas. Tout est fait pour me simplifier la vie. Je prends ce qu’on me donne et je récolte d’ici et là ces précieuses secondes qui me permettront de profiter de la vie. Et vous ne me verrez jamais différent. Nous sommes tous pareils entre frères. J’ai ce qu’il a et il a ce que j’ai.

Je ris aussi en entendant les dirigeants s’exprimer. Ils attendent un retour de l’opinion. Mais qu’est-ce que l’opinion ? Sait-elle vraiment ce qui est bon ? Il serait de meilleur augure de confier cette tâche ardue à ceux qui savent. Ceux qui voient. Ceux qui entendent.

Le peuple est idiot. Il ne lui arrive que rarement d’entrevoir son bien. Il grappille toutes les brindilles et s’affole du moindre obstacle. Est-ce à lui que nous pourrons un jour confier notre destin ? Je vous vois bien rire, avec ce sourire narquois qu’exige la supériorité. Que faites-vous ? Ne vous sentez-vous jamais utile ? Ici, chacun est à sa place. Selon nos capacités, on nous pose et on nous ordonne. Il n’est que ce moyen pour pouvoir ériger la force d’une nation. Penser ensemble. Penser vrai. Penser Nous.

Dans ce monde ordonné qui est nôtre, on se plaît à contempler le chaos régnant en démocratie. Les élections perturbent, dérangent les consciences et titillent les sensibilités. En permettant à chacun de s’exprimer, on pousse à la révolte et à l’anarchie. Ne pensons-nous jamais à bouleverser l’ordre établi ? Non, non et non, à jamais et pour toujours. Plutôt que d’imiter ce système délétère, nous préférons donner la priorité aux héros, aux descendants des dieux. Il est reconnu que nos gouverneurs brillent par leur héritage et nous rapproche à travers leur présence du Ciel et de l’Éternel. Nous ne sacrifierons jamais nos croyances. Nous faisons fi de l’inconstance. Les cieux nous montrent la voie et c’est religieusement que nous la suivons.

C’est en nation que nous devons penser. Le fou qui hausse la tête perturbe les travailleurs qui se soutiennent par leurs efforts. Le fou perturbe, il crée le chaos. Le fou est l’ennemi de la nation. Tel un papillon, il rêve de s’envoler vers des jardins qu’il coloniserait. Ses larves seraient porteur d’une idéologie nouvelle. C’est pour cela qu’il faudrait éliminer la bête. Un jardin envahi n’est pas sain. Un jardin envahi doit par la force des efforts retrouver sa splendeur d’antan. Sinon, ne subsiste qu’une issue : le brûler tout entier, consommer toutes ses racines, pour lui permettre de renaître de ses cendres.

Réunissons-nous mes frères. Le mal nous entoure, il est partout. La propagande envahit nos rues. Ils veulent corrompre nos esprits et corroborer des théories. Malfaisants et nuisants, ils nous observent, nous qui sommes épris d’idéaux, pour nous diaboliser et nous détruire. Ils volent nos enfants, victimisent nos parents, nous traitent d’ignorants, par faute de ne pas suivre leur raisonnement. Ils sont imbus de leur personne et ne toléreraient jamais la moindre critique. Qui est responsable de la famine, de la misère et de la peur ambiante ? Non, ce n’est pas nous. C’est vous. Vous qui nous jugez. Vous qui nous observez sous vos idéaux sacro-saints. Vous qui vous permettez de lutter contre nous en prétendant chercher notre bien. Vous qui militez pour protéger nos droits, bien plus développés que les vôtres.

Vous êtes gangrenés par la corruption, la vitesse et le besoin. Vos esprits sont souillés par ces mouvements individualistes que vous n’arriverez jamais à assimiler. Le vice vous entoure. Nos péchés capitaux sont vos vertus.

C’est pour cela que je te lance cet appel. Toi, mon frère, qui se reconnaît dans ces valeurs. Rejoins-nous. Approche-nous. Il est une maison qui ne te rejettera jamais. Une maison ou tu seras à ta place, ou tu contribueras au développement de lendemains meilleurs. Embrasse notre cause et montre leur à tous, que notre bonheur se trouve en dictature.

Ndlr : Prendre la première lettre de chaque mot du premier paragraphe.

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Donatien

Étudiant en Master in Management à HEC Paris.
Contributeur régulier pour KIP.

Student in Master in Management at HEC Paris.
Writes regularly for KIP.

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