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Vive la France et le sport français !

Lima, 13 septembre 2017. Thomas Bach, président du Comité International Olympique, délivre tout un pays : Paris organisera les Jeux Olympiques et Paralympiques à l’été 2024. L’échec de 2012, resté en travers de la gorge de beaucoup, est oublié. Cent ans après les premiers jeux modernes dans la capitale, Paris redeviendra la vitrine de l’olympisme et de ses valeurs. Dans une ville marquée dans sa chair par les attentats terroristes du 13 novembre 2015, il ne pouvait y avoir plus bel évènement à organiser.

Ces JO sont une formidable opportunité pour la France puisque, dans six ans, le monde entier aura les yeux rivés sur Paris. À nous, Français, de donner au monde entier l’image d’un pays dynamique, tourné vers l’avenir, confiant dans sa capacité à jouer un rôle au 21ème siècle. Avec l’élection d’Emmanuel Macron le 7 mai dernier, plus jeune président de la République de l’Histoire, le message envoyé au monde est clair : jeunesse et France riment de nouveau ensemble. L’organisation de ces JO doit servir à inscrire ce message dans la durée.

2024, un pays entier l’attend. Le compte à rebours est lancé. Mais auparavant, de nombreux évènements sportifs vont être organisés en France. Ils seront tous des coups de projecteurs incroyables sur la France, ses villes, ses territoires. Après l’Euro 2016 de football, qui n’avait plus été organisé dans l’Hexagone depuis 1984 et l’épopée de Platini, la France organisera la Coupe du monde de football féminin en 2019 (et ce pour la première fois de l’Histoire !) et la Coupe du monde de rugby masculin en 2023. Comment ne pas songer à tous les spectateurs qui vont arriver à Paris, Lyon, Marseille, Lille voir tous ces évènements ? Mais aussi à l’habitant d’Auckland qui se réveillera au beau milieu de la nuit pour suivre les All-Blacks jouer dans les plus grandes villes de France ?

Dans un monde globalisé où les rapports de force entre les États-Unis et l’Asie deviennent de plus en plus centraux, tous ces événements sportifs d’envergure mondiale mettent la France sur le devant de la scène. Et ce n’est pas pour déplaire à un peuple qui, conscient qu’il ne peut pas peser sur les affaires du monde comme le fait l’ « ami » étatsunien, ne veut pas non plus être relégué éternellement au second rang.

« Vous avez réussi à faire taire les grincheux, ceux qui disaient que c’était trop cher [1] » Oui, c’est vrai qu’être l’hôte de tant d’événements sportifs représente un coût indéniable pour la France. À titre d’exemple, la rénovation et la construction des dix stades de l’Euro 2016 a été évaluée à 1.7 milliards d’euros. Chiffre astronomique, penseront certains, lorsqu’on sait que la dette publique se rapproche des 100 % du PIB. Mais, il ne faut pas s’arrêter aux dépenses qu’engendre l’accueil de tels évènements d’envergure internationale. Les retombées économiques, sociales, en matière d’aménagement du territoire sur le long-terme sont exceptionnelles et sont souvent, hélas, balayées trop vite d’un revers de la main par ceux que le Président nomme, et on lui en fera reproche, les « grincheux ».

6,6 milliards d’euros. Voici le coût prévisionnel des JO 2024… mais ils pourraient rapporter jusqu’à environ 10 milliards d’euros et être créateurs de près de 250 000 emplois en Ile-de-France. Région où, en novembre 2017, près de 700 000 personnes sont sans emploi. [1]

Ces Jeux seront aussi l’occasion de mettre en valeur l’extraordinaire patrimoine de la capitale. Ils seront un formidable vecteur pour faire partager au monde entier l’histoire et la culture françaises. Le beach-volley aura lieu au Champ de Mars avec la Dame de Fer en guise d’arbitre. Le tir à l’arc se déroulera sur l’esplanade des Invalides, le taekwondo et l’escrime au Grand Palais. Et sur le modèle de la dernière étape du Tour de France, les épreuves de cyclisme sur route mettront Paris et l’Ile-de-France en lumière. Dans le tracé proposé par les organisateurs au CIO, les coureurs partiront du quai Branly pour se diriger vers le Château de Versailles avant de remonter vers Paris où l’arrivée sera jugée sur le pont d’Iéna en face de la Tour Eiffel.

Parce que tous les sports ne se dérouleront pas à Paris intra-muros, bien d’autres villes vont profiter de ces JO. Le village olympique et le centre aquatique seront ainsi construits à Saint-Denis, à proximité du Stade de France. Deux bassins de cinquante mètres, 17 000 lits, plusieurs salles de restaurants verront le jour pour permettre aux athlètes de disposer de tout le confort nécessaire. Après 2024, le tout sera ensuite transformé en un éco-quartier. Les habitants de Saint-Denis pourront profiter de crèches, d’écoles, de logements sociaux, de bureaux, de commerces et des deux piscines olympiques. Les Jeux sont aussi gage d’aménagement de nos territoires les plus en difficulté. Le taux de chômage est de 23.4 % dans cette commune en 2017, soit plus de dix points au-dessus de la moyenne nationale. Grâce aux nouveaux transports qui seront construits, Saint-Denis ne sera plus qu’à vingt minutes des Champs-Elysées.

« Vous avez, je dois bien le dire, réussi quelque chose d’assez unique à travers cette candidature qui est de réconcilier Paris et Marseille. [3] ». En effet, la cité phocéenne accueillera l’ensemble des épreuves de voile. La marina va être agrandie et de nouveaux bâtiments vont être construits qui profiteront ensuite aux clubs de voile de la ville. Comme les stades de Lyon, Bordeaux, Nice, Lille, Nantes, Saint-Etienne en province, le Vélodrome sera l’un des hôtes du football masculin et féminin. Flux touristiques, visibilité à l’échelle internationale, investissements, toutes ces grandes métropoles vont bénéficier de Paris 2024… ou, devrions-nous dire, de France 2024 ?

Illustration : Montage de Hugo Sallé pour KIP

Sources et renvois

[1] Emmanuel Macron, discours aux acteurs de la candidature de Paris 2024, 15 septembre 2017.
[2] La Tribune, « JO PARIS 2024, quelles retombées économiques ? », 07/10/2017
[3] Emmanuel Macron à Marseille, 21 septembre 2017.
Aymeric Azéma

Aymeric Azéma

Étudiant français en L3 à HEC Paris et contributeur régulier pour KIP.

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Cet article a été écrit à

Jouy-en-Josas, France

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