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Illustration de Maxime Labrot

L’Open d’Australie menacé par la fumée des incendies : problème sanitaire ou vraie question morale ?

 L’Australie est en feu, et malgré les pluies annoncées qui semblent présager une amélioration de la situation, les avis émis sur la tenue ou l’annulation de l’Open d’Australie, première levée du Grand Chelem de l’année vont bon train.

Entre joueurs qui craignent pour leur santé, politiques qui crient au scandale écologique et éthique et organisateurs qui ne parviennent pas à émettre un avis clair, difficile de se faire son propre avis dans ce brouhaha général.  

            Il convient d’abord de distinguer deux considérations bien différentes : l’aspect éthique et le risque sanitaire.

Sur le plan de la santé, l’avis de chacun peut reposer sur un critère précis : la qualité de l’air, notamment relativement aux particules en suspension. L’indice AQICN, fréquemment utilisé ces dernières semaines pour la ville de Melbourne, était très inquiétant en fin de semaine dernière. Il culminait à plus de 450, sur une échelle où le degré le plus dangereux débute à 300, c’est dire… Désormais, il se stabilise, en cette semaine de qualifications (compétition préliminaire pour déterminer les joueurs qui viendront compléter le tableau final de Melbourne), autour de 200, puis de 100 à partir de vendredi, avant-veille du début du tournoi, un niveau presque acceptable. En comparaison, il est en moyenne de 90 à Paris en été.

Plus grave, les qualifications ont bel et bien commencé lundi dernier, essuyant de véhémentes critiques… Sur le court, les crises d’asthme et les difficultés respiratoires furent fréquentes, obligeant même la slovène Danila Jakupovic à abandonner au cours de son premier tour…

Pourtant, alors que la situation semble s’améliorer sur le plan sanitaire, l’image même du tournoi est entachée, tant sa tenue a été, et est encore, controversée.

 C’est à ce moment que l’éthique et la morale entrent en jeu.

Si l’on s’en tient aux faits, il semble effectivement clair qu’en même temps qu’un désastre écologique de cette ampleur, dans lequel 1,25 milliards d’animaux ont péri, la tenue de ce que les organisateurs nomment à raison ‘’l’évènement le plus important de l’hémisphère Sud’’ soit compromise. Pourtant, je pense qu’annuler le tournoi serait la pire décision à prendre.

Sur la planète tennis, une annulation serait un raz-de-marée, un véritable coup de tonnerre, puisqu’aucun tournoi du Grand Chelem n’a été annulé depuis … 1945.  Pour appuyer mon propos, l’Open d’Australie est une source de revenus incontournable pour l’État de Victoria. Le Melbourne Park lui appartient et les revenus du tournoi se comptent en millions : une somme qui sera allouée au combat contre les flammes, ou bien, on peut le souhaiter, à la reconstruction qui suivra.

Accueillant plus de 720 000 spectateurs et suivi par des centaines de millions de personnes dans le monde, l’Open d’Australie est la possibilité pour le pays de se montrer sous son meilleur jour, et redorer l’image écornée d’un pays touché, brûlé. 

Maxime Labrot

Maxime Labrot

Étudiant français en Master in Management à HEC Paris (Promotion 2023).
Membre de KIP et contributeur régulier.

French student in Master in Management at HEC Paris (Class of 2023).
Member of KIP and regular contributor.

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